Mes conseils pour réussir le GR20 en Corse

0
1409

Le Gr20, la mythique randonnée au coeur de la Corse suscite de nombreuses questions. La première pour moi fut “Est ce que j’en suis capable?” C’est en le faisant que j’ai eu une réponse définitive.  Avant de me lancer je fus dans le doute, peut-être comme vous là maintenant… Mais il faut se lancer, se donner les moyens de réussir car cette randonnée en vaut vraiment la peine!

GR20 - Corse
Toute la beauté du GR20… qui ne peut pas se résumer en une seule photo!

Aujourd’hui, après avoir parcouru tranquillement le GR20 en 15 étapes, je partage mes conseils pour réussir le GR20.

Certainement que tous les points discutés sont bons pour toute randonnée. Mais je vais vous parler de ce que je connais et étayer de détails concernant le GR20.

Tout d’abord, je tiens à dire que je ne suis pas une randonneuse chevronnée… Mis à part le GR129 sur les sentiers peu vallonnés de Belgique pendant 11 jours, je n’ai pratiqué aucune autre randonnée sur plusieurs jours! Alors commencer par le GR20, c’était un sacré défi. Mais je suis jeune, mon corps s’adapte et puis je suis tout de même un peu sportive puisque je pratique l’escrime.

Des bonnes chaussures pour le GR20

Une des causes d’abandon sur le GR20 sont les ampoules aux pieds! Croyez-moi qu’être mal dans ses chaussures pendant plus de 6 heures peut tuer votre moral… voire même vos pieds! Une ampoule mal soignée peut rapidement s’infecter et votre randonnée sera terminée. C’est ainsi que j’ai rencontré un gars sur le GR20, qui bien mieux entraîné que moi, a du arrêter car il n’a pas pris soin de ses pieds et ses ampoules se sont infectées…

Alors une bonne chaussure n’existe pas dans l’absolu. LA bonne chaussures c’est celle qui correspond à votre pied et à votre manière de marcher. Le plus important c’est de la tester, de la casser comme on dit! Et pour ce, il faut aller l’essayer en magasin. Souvent, il faut prendre une taille au-dessus de votre taille habituelle. En effet, votre orteil ne doit pratiquement pas toucher le bord quand vous descendez…

Chaussures pour le GR20
Mes Lowa avant de subir le GR20

Ensuite, il faut la tester sur le terrain et faire du kilomètre. Une petite balade n’est pas suffisante, il faut l’endurer pour qu’elle s’assouplisse.

Il faut savoir que le terrain sur le GR20 va détruire votre semelle. Une suite de cailloux et de rochers qui accrochent, ça ne fait pas plaisir à votre chaussure. Ne prenez pas de semelle trop molle, ni des chaussures déjà trop usées.

Des chaussures de trail ou des chaussures de rando?

Chacun son truc mais pas des sandales! Personnellement, ayant des chevilles plutôt faibles et aimant marcher avec des grosses chaussures,  j’ai opté pour une chaussure de randonnée avec haute tige.

Mais j’ai vu beaucoup de personnes marchant avec des chaussures de trail. Elles sont plus légères, ce qui est un gros avantage. Mais il faut bien la choisir pour ne pas finir sans semelles car, je le répète, le terrain est abrasif!

Partir léger

C’est un conseil que vous retrouvez souvent mais il est tellement vrai! Le poids de votre sac influencera la réussite de votre randonnée ainsi que son confort… Le terrain étant une succession de montées, de descentes, de cailloux déstabilisants et d’escalade, un sac léger sera votre meilleur ami pour braver les obstacles au mieux! Sans parler de vos genoux qui vous remercieront…

Sac sur le GR20
Alors petit le sac? Jamais assez petit!

Même en partant en autonomie, il est possible d’alléger son sac en prenant du matériel haut de gamme!

Il est conseillé de partir avec 12 kg, le poids de l’eau compris.

Pour la petite histoire, j’ai pesé une première fois mon sac qui était bien trop lourd, 13 ou 14 kg sans eau, si je me souviens bien. J’ai tenté de l’alléger mais je n’ai pas voulu me faire peur en le re-pesant… Cependant, après la 5ème étape, quand ma cousine a arrêté. J’ai troqué mon sac de couchage contre le sien, 2 fois plus léger. J’ai abandonné un pantalon et quelques médocs. Ma vie a changé… Plus sérieusement, le poids va influencer le plaisir que vous aurez à marcher!

Prendre des bâtons de marche

GR20-batonsJe n’y croyais pas quand on m’a dit de prendre absolument des bâtons de marche. Mais ça aide vraiment! Autant dans les montées que dans les descentes.

Dans les descentes, ils permettent de soulager vos genoux et de répartir le poids sur 4 points au lieu de 2. Dans les montées, ça vous aide à grimper. A plat, ça vous donne du rythme. Dans les passages à escalader, ils ne servent à rien et vous avez envie de les balancer mais vous savez que ce sont vos meilleurs amis, sur qui vous pouvez toujours vous appuyer alors vous prenez sur vous…

Je n’y croyais tellement pas qu’on a pris une paire de bâtons pour 2… Ce qui n’était pas très efficace au final! Bon, j’ai récupéré la paire pour moi toute seule à la 5ème étape…

Si vos genoux sont en mauvaise condition ou qu’ils ne sont pas entraînés, je vous conseille vivement les bâtons!

Allez à son rythme

C’est certainement le conseil le plus important! Au risque de me répéter, je ne suis pas une randonneuse chevronnée et j’ai donc décidé de marcher une étape par jour.

Surtout n’essayez pas de vous coller au rythme d’un groupe qui ne vous convient pas! Si vous partez en groupe, mieux vaut que chacun aille au rythme qui ressent être bon pour lui et que chacun s’attende régulièrement (et s’encourage!).

conseils pour le GR20
Au rythme d’une sieste… 😉

Je partais tôt au matin, vers 4-5 heures pour les étapes les plus longues. Je pouvais aller à mon rythme, prendre de nombreuses photos et vidéos et j’arrivais souvent pour 12h-14h (exception sur certaines étapes où je suis arrivée vers 11h ou d’autres à 16h). Pourquoi arriver si tôt au refuge?

  • Pour avoir une douche chaude en passant dans les premiers
  • Avoir le temps de laver ses vêtements, de le faire sécher, de manger tranquillement, de discuter avec les autres randonneurs, de se reposer,…
  • Eviter les orages qui tombent régulièrement fin d’après-midi
  • Etre reposée pour le lendemain.
  • Eviter la chaleur de l’après-midi
  • Si pas de réservation, arriver en premier pour avoir une tente ou un lit

Ecouter son corps

Ne sachant pas comment mon corps allait réagir, s’obliger à s’arrêter à chaque étape est la meilleure solution pour ne pas tomber dans l’excès et la fatigue extrême.

Repousser ses limites, c’est bien. Mais, il faut pouvoir s’arrêter et dire stop quand le corps ne tient plus. Ma cousine a du arrêter le GR20 après la 5ème étape. Ça faisait 2 étapes que son genou la faisait souffrir. Et arrêter le GR20 a été une très bonne décision pour ne pas aggraver la situation. Les jours suivants, elle avait du mal à marcher sur terrain plat…

Randonnée en Corse
A la pointe des éboulis, juste à côté du sommet le plus haut de Corse

Combien d’étapes par jour sur le GR20?

C’est donc une réponse qui dépend de vous. Cela dépend du temps et de l’argent que vous disposez ainsi que de votre condition physique.

Néanmoins, je vais vous étayer mon itinéraire en 15 étapes et les lieux où j’ai logé.

  • Etape 1 Calenzana – Ortu di u Piobbu. Nuit en refuge du Parc Naturel Régional de Corse (PNRC).
  • Etape 2 Ortu di u Piobbu – Carrozzu via Bonifatu. Nous avons pris une variante moins vertigineuse par Bonifatu. Nuit en refuge du PNRC
  • Etape 3 Carrozzu – Ascu Stagnu. Nuit en refuge du PNRC mais possibilité de loger à l’hôtel. Ascu Stagnu est une station de ski, bien desservie en nourriture et logement.
  • Etape 4 Ascu Stagnu – Tighjettu. Obligation de prendre la variante par la pointe des éboulis (près du Monte Cintu, sommet le plus haut de Corse) et ne plus passer par le cirque de solitude. L’étape est plus longue, temps théorique de 8 heures. Nuit en refuge du PNRC. Mais possibilité de dormir dans une bergerie à 25 minutes de là mais toujours sur le GR20, la bergerie “U Vallone”.
  • Etape 5 Tighjettu – Ciottulu di i Mori (refuge du PNRC) – Castel Di Vergio. Nous ne nous sommes pas arrêté au refuge Ciottulu di i Mori mais un peu plus loin (1h environ) à l’hôtel Castel Di Vergio qui propose aussi des nuits en dortoirs. Nuit en dortoir mais avec plus de confort qu’un refuge du PNRC
  • Etape 6 Castel di Vergio – Manganu. Nuit en refuge du PNRC. Mais bergerie 30 minutes avant, les Bergeries de Vaccaghja.
  • Etape 7 Manganu – Petra Piana. Nuit en refuge du PNRC. 
  • Etape 8 Petra Piana – Onda. Nuit en refuge du PNRC.
  • Etape 9 Onda –  Vizzavona. Vizzavona est un retour à la civilisation. Il y a beaucoup de logement allant du camping à l’hôtel à Vizzavona et aussi de quoi se ravitailler. Pour ma part, j’ai logé la Halte du Prince au col de Vizzavona dans des cabanes en bois partagées.
  • Etape 10  Vizzavona – E capannelle. Nuit au gîte U-Fugone (douche chaude et gardien très accueillant!) mais bergerie du PNRC disponible aussi.
  • Etape 11 E capannelle – Prati. Nuit en refuge du PNRC
  • Etape 12 Prati – Usciolu. Nuit en refuge du PNRC
  • Etape 13 Usciolu – Bergeries de Croci via l’ancien GR20 (qui ne passe pas par le refuge de Matalza et les bergeries de Basseta). Nuit aux bergerie de Croci (très chouette endroit!)
  • Etape 14 Bergerie de Croci – Asinau (bergerie et refuge détruit) – Bavella via la variante “alpine” par les aiguilles et détour par le Mont Incudine (que je conseille vivement). A Bavella, plusieurs gîtes et hôtels sont disponibles. Je suis allée à l’auberge du col de Bavella.
  • Etape 15 Bavella – I Paliri (refuge du PNRC) – Conca. J’ai pris un bus pour aller à un camping sur la plage.

Les 3 dernières étapes ont été faites plus rapidement que ce que le Topoguide proposait. J’ai réalisé 3 étapes en 2 jours.

Il est possible de le faire en beaucoup moins d’étapes. Personnellement, je me serais sentie capable d’en doubler quelques-unes (la 6, 7, 8, 9, 10, 12). Certainement pas les premières qui me semblait très dures.

Après coup, je pense avoir eu besoin d’un temps adaptation. Trois ou quatre jours ont suffi à mon corps pour se sentir habitué et ne plus souffrir des courbatures.

Pourquoi ne pas les avoir doublées? Primo, parce que j’avais fait des réservations. Deuzio, ça m’obligeait à m’arrêter. Je pense que si javais poussé trop l’effort, je n’aurais peut-être pas été capable les lendemains…

Ecouter la montagne (enfin les gardiens du moins)

Ecouter la montagne, c’est ne pas y aller quand elle vous crie qu’il va neiger, pleuvoir, tonner,… C’est rester humble devant Dame Nature et ne pas vouloir forcer à tout prix! Les gardiens des refuges sont souvent de bons conseils pour la météo. Il ne faut pas avoir peur d’attendre un jour pour continuer ou de prendre une variante qui ne passe pas par les cols pour éviter un temps trop venteux…

Neige sur le GR20
Névé tardif qui ne posa pas de problème

Mieux vaut prévoir un ou deux jours en plus au programme et les passer à la plage si on a été trop rapide sur l’itinéraire!

J’ai eu énormément de chance au niveau de la météo. Je n’ai pas eu d’orage, un peu de pluie en fin de journée, un temps venteux pendant quelques jours et 35°C sur ma dernière journée… J’ai rencontré quelques névés tardifs qui ne posaient aucun problème. Contrairement à d’autres randonneurs qui ont du braver le froid, l’orage, la pluie, qui ont du rebrousser chemin ou sont restés une journée en refuge… J’ai eu un GR20, si je puis dire, facile! La meilleure saison pour faire le GR20 est fin juin. Mais d’une année à l’autre, ça peut être bien différent!

Visibilité nulle sur le GR20
Quand un nuage passe, ça donne ça! Aucune visibilité mais ça a duré 10 minutes tout au plus. Le temps peut vraiment changer d’une minute à lautre!

De la motivation pour réussir le GR20

La condition physique c’est une chose, l’équipement une autre et la motivation encore une autre! Il faut des trois pour faire un bon GR20. La condition physique doit être correcte, l’équipement doit être testé et la motivation doit être là!

La motivation, c’est ce qui vous fera continuer quand la pluie tombera sur votre visage, que la sueur dégoulinera… Bref, la goutte qui peut faire déborder le vase! Mais vous êtes motivé alors vous foncez vers votre objectif.

Je pense sincèrement que le faire avec une personne de confiance et avec qui vous vous entendez bien peut être d’un grand secours quand le moral est dans les chaussettes!

Avoir une personne avec qui discuter fait passer le temps plus vite sur les tronçons monotones et permet de s’émerveiller à deux quand les panoramas sont splendides.

Comment je me suis organisée pour le GR20?

La grande question est : Faut-il réserver à l’avance?

Réserver ne vous permet pas d’improviser sur les étapes, ni de prendre un jour de pause. Mais réserver vous permet d’être certain d’avoir un toit ou une toile au dessus de votre tête. Et les refuges sont plein rapidement! Il faut penser à réserver dès mars sur le site du Parc Naturel Régional de Corse! Partir avec sa propre tente semble la solution parfaite. Mais la tente pèse lourd… Il n’y a pas de meilleur solution.

Refuge Carrozzu - GR20
Le refuge de Carrozzu, y’a du monde!
en tente sur le GR20
Le réveil est plutôt pas mal sur le GR20… depuis le refuge d’Usciolu

Je suis partie sans tente pour m’alléger un maximum et ne pas avoir à acheter une tente de compétition! J’ai donc tout réservé à l’avance. Excepté pour Asinau où le refuge avait brûlé et où je n’arrivais pas à joindre une autre bergerie. J’ai donc changé mes plans sur place pour sauter l’arrêt à Asinau. Je suis allée jusqu’au bergerie de Croci pour aller un peu plus loin que celle prévue à Basseta. Ensuite, je suis allée à Bavella plutôt qu’à Asinau et enfin je suis allée directement à Conca sans m’arrêter à I Paliri qui était trop proche de Bavella pour une journée de randonnée.

Je me suis armée du topoguide de la Fédération Française de Randonnée pour avoir un livre léger contenant l’itinéraire, les cartes ainsi que les numéros des hébergements. Ce n’est pas le plus complet mais il n’est pas très encombrant à prendre avec soi. C’est une bonne base pour préparer son GR20. Ensuite, Google et Madame Bougeotte sont vos amis pour vous aider dans vos démarches!

Pour le plaisir des yeux, voici la vidéo du GR20 de Madame Bougeotte :

PARTAGER SUR
Anthropologue de formation, elle a décidé de se convertir à la communication web et peut-être un jour deviendra-t-elle une nomade de la toile ou même une nomade tout court. Sinon, elle manie l’épée comme le prolongement de son bras, aime manger, pratique le didjeridoo, utilise une phablette trop grande pour sa petite main et accessoirement adore voyager, rencontrer et découvrir.

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here