Etre ou ne pas être Charlie, là n’est pas la question

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liberté d'expression
“Ce qui ne tue pas nous rend plus fort” Nietzsche

Je suis Charlie. C’est d’abord montrer son soutien aux familles, aux représentants de la liberté d’expression mais ce n’est pas être d’accord avec tous les propos de Charlie Hebdo, ce n’est pas le voir en rose et accepter tout ce qu’ils ont dit. Si c’est ça, tout accepter, ne pas s’exprimer, je ne suis pas Charlie. Mais je pense qu’être Charlie, aujourd’hui, c’est faire honneur à la liberté d’expression, de penser, de rire et d’aimer.

Oui Aimer! Car Aimer c’est accepter son prochain, qu’importe son origine, sa religion, son accoutrement. Un des risques avec ce genre d’attentat c’est d’amalgamer une communauté à quelques individus extrémistes qui prennent pour excuse un livre lu par des milliers d’autres. Un livre composé de mots, qui peuvent être interprété de milles manières, à l’instar des mots et dessins de Charlie. Des mots qui peuvent faire porter des armes à des enfants mais qui peuvent aussi aider à vivre.L'amour plus fort que la haine

Envahis par la connerie humaine

Ces extrémistes, ce sont des cons ! Et des cons, il y en a partout, dans toutes les sociétés, parmi toutes les religions et même chez les athées, ils peuvent arborer un voile ou une casquette, une barbe ou une moustache, être rasés ou avoir les cheveux long, être bronzés ou blancs comme un cachet d’aspirine…

Entendons-nous bien, être con, ce n’est pas avoir des déficiences mentales. C’est ne pas pouvoir faire preuve d’ouverture vers l’Autre, quel qu’il soit !

Ou autre théorie, ce sont des êtres perdus, suivant le chef d’un troupeau qu’ils croient bon, dans ce cas c’est le chef du troupeau, l’infâme con propageant sa stupidité autour de lui.

Réagir à l’intolérance par la tolérance

Je repense à la prise d’otages début décembre à Sydney perpétré par un islamiste radical. Cet acte de barbarie a engendré un mouvement sur les réseaux sociaux destiné à lutter contre l’intolérance envers les musulmans. C’était le #IllRideWithYou.

Le mouvement viendrait du récit d’un voyageur, qui a repéré dans le train une femme musulmane en train d’enlever son hijab, de peur d’être prise pour cible. A la gare, le passager lui dit de le remettre et lui propose de l’accompagner par solidarité : “je voyagerais avec toi”.

Certainement aujourd’hui plus qu’un autre jour, j’aimerai être ce voyageur partageant mon temps avec un inconnu aux allures moins conventionnelles. Mais plus que tout, j’aimerai l’être au quotidien. Etre Charlie devrait nous rappeler que nous sommes tous fait de chair, de contradiction, de pensées divergentes. Que tous les jours nous pouvons faire que les gens se sentent moins seuls et peut-être, seront-ils moins remplies de haine et de rancœurs.

Je ne suis pas que Charlie

Je suis Charlie mais pas queComme j’ai pu le voir affiché (trop rarement) sur les réseaux sociaux. Hier, aujourd’hui et demain je ne suis pas que Charlie ! Je suis Palestine, Afrique, Birmanie, Irak, Syrie,…

J’ai toujours eu l’impression que les drames de certaines nations avaient plus d’importance que d’autres… D’un côté, je pense normal qu’une tragédie géographiquement proche nous accable plus, c’est humain. Cependant, on oublie trop souvent qu’ailleurs les guerres continuent et les drames s’accumulent.

Etre soi-même

Aujourd’hui, jour de deuil international, soyez sur vos gardes car la connerie peut nous atteindre tous. Avec ou sans berger, pensez à être vous-même et à vous ouvrir au monde. Je ne veux pas, par ces mots, prendre un ton moralisateur car après tout, la morale ce n’est que formatage du cerveau.

Je ne veux pas non plus être pessimiste, je ne veux pas être triste, je ne veux pas m’arrêter de rire, je ne veux pas m’arrêter de penser, je ne veux pas avoir raison, je ne veux pas être meurtrie à jamais par des drames qui accablent nos vies.

Je veux vivre avec tous, je veux sourire à n’importe qui, je veux continuer d’avoir ma part d’inconscience et d’insouciance.

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Anthropologue de formation, elle a décidé de se convertir à la communication web et peut-être un jour deviendra-t-elle une nomade de la toile ou même une nomade tout court. Sinon, elle manie l’épée comme le prolongement de son bras, aime manger, pratique le didjeridoo, utilise une phablette trop grande pour sa petite main et accessoirement adore voyager, rencontrer et découvrir.

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